Cahier 2 - Introduction

Syénten – Cahier N°2
Interrogations suspendues
Traverser la matière, épouser la sagesse

 

 

Ce deuxième cahier du triptyque « Interrogations suspendues » suit la perspective du premier : le bien-être durable et la sagesse.

À la différence du précédent qui étudiait l’inefficience des concepts pour connaître la réalité profonde des choses et à fortiori la réalité ultime, le concept intervient ici comme soutien pour approfondir la perception de la réalité jusqu’au ressenti.

Il est nécessaire de s’extirper de la cage aux concepts pour bénéficier d’une expérience intérieure. Les choses sont décrites dans ce cahier en leur donnant une impression de concret lorsque c’est possible. Ce concret qui apparaît habituellement dans un contact avec l’expérience sensorielle, peut également provenir de l’esprit, puisque c’est lui en définitive qui décrète que telle expérience est concrète. À cette fin, les concepts utilisés ne doivent pas être envisagés comme des objets intellectuels mais comme des symboles, c’est-à-dire comme des balises qu’ils permettent l’accès à une expérience intérieure.

Il ne s’agit pas ici d’entrer dans des méditations libératrices mais de développer des réflexions préparatoires dans lesquelles le « moi » est encore présent.

Les questions qui jalonnent ce cahier ne peuvent être résolues par l’esprit dualiste qui reste comme suspendu devant une énigme en impasse.

La première partie de ce livre est consacrée à des concepts qui permettent de mieux cerner ce qu’on appelle la sagesse transcendante.

Une deuxième partie examine les défauts du matérialisme dans un chemin*, et notamment son impossibilité d’accéder à la transcendance.

Une troisième partie traite de la vie quotidienne, et principalement de deux modes d’appréhension de la réalité, le mode « croyance » et le mode « discernement ». L’objectif est de se servir des insalubrités de l’environnement social comme moyen de purification de la conscience, au lieu de les regarder avec à portée de main une valise d’afflictions prêtes à l’emploi.

Parmi les chapitres, il y en a huit de nature non analytique (Bivouacs…) librement inspirés d’un chant de Milarépa.

Les réflexions qui composent ce cahier s’adressent aux personnes en quête de bien-être dans la vie de tous les jours, ainsi qu’à celles qui souhaitent une transformation plus profonde, par la compréhension et la connaissance, capable de conduire à une vie libre d’illusions. Elles préparent également à la pratique méditative.

Les méditations de relaxation ou de thérapie ne donnent pas une idée claire de ce qu’est une méditation libératrice, parce qu’elles ne s’intéressent qu’à la santé et au bien-être à court terme, sans vraiment s’ouvrir à la transformation. Ce cahier permet de combler cette lacune avec quelques fragments chuchotés d’un début de profondeur.

La lecture de ce texte demande une grande honnêteté vis-à-vis de soi-même. Elle gagne à se dérouler dans une atmosphère méditative avec l’oreille de la vigilance et la parole non discursive du silence intérieur.

Comme dans le cahier précédent, celui-ci ne présente aucune nouveauté, sauf erreur, car c’est justement en enlevant ce qui est nouveau en soi qu’on découvre l’origine. S’il s’y trouvait quelque chose de neuf, ce ne serait encore qu’une fabrication qu’on aurait oublié de retirer de l’entrepôt des illusions.

 

Thèmes abordés :

Dans la première partie intitulée « Concepts » : les symboles, la vacuité, la non-dualité , la conscience, « qui puis-je bien être ? », « je sais que je ne sais rien », le sentiment de soi, « l’intelligence, la conscience et la sagesse ».

Dans la deuxième partie «Matérialisme » : le mirage, les défauts du matérialisme et l’idée d’une transcendance.

Dans la troisième partie « La vie sociale » : la croyance et le discernement, la reconnaissance, l’action et la réaction.

Explication du sous-titre

La première partie du sous-titre « traverser la matière » s’explique ainsi : Si quelques yogis peuvent véritablement traverser la matière avec leur corps, parce qu’ils ont maîtrisé les éléments, il n’en est pas de même pour la majorité des êtres humains. Ici, la signification reste symbolique, et traverser la matière, c’est aller au-delà de cette matière par la compréhension qu’elle n’a pas de réalité propre. De l’extérieur, la matière se manifeste comme un ensemble de phénomènes plus ou moins inertes, une espèce de support à la vie. Quand on connaît la nature de ces phénomènes, on connaît la matière au sens intérieur du terme, et on peut aller au-delà, dans leur intimité profonde.

 

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